LE MANIFESTE 2006

Rassemblement international pour un Théâtre motivé

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Les agitateurs du Manifeste 2006

Brigitte Mounier

metteur en scène de la Compagnie des Mers du Nord

En résidence dans la Ville de Grande Synthe en convention de territoire avec la Drac, elle navigue dans un répertoire d’écritures délibérément contemporaines qui la conduisent sur des rivages où les hommes se heurtent à un environnement géographique ou politique contraignant. Et pour enfoncer le clou, elle crée en 2004 Le Manifeste, Rassemblement pour un théâtre motivé.

Jean Maurice Boudeulle

dirige le Théâtre de l’Aventure implanté à Hem.

Motivé par la demande des comédiens, enfants et adultes, amateurs ou professionnels, de l’Aventure ou d’ailleurs, il continue d’interroger le Théâtre, dans ses formes et dans ses textes, dans ses relations à la vie de la cité, en mettant en scène des collages, des adaptations de textes littéraires ou dramatiques, ses propres écritures (souvent à partir des propositions d’acteurs) ou encore des oeuvres du répertoire.

Angèle Séguin

dramaturge, metteur en scène et directrice artistique du Théâtre des petites lanternes.

Né du désir de rapprocher le théâtre et la collectivité, le Théâtre des petites lanternes est une compagnie de création, de recherche, de développement et d’intervention. Situé en Estrie, il rayonne à travers le Québec, dans d’autres provinces et à l’étranger. Angèle Séguin a été chargée de cours d’option théâtre de l’Université de Sherbrooke, elle a réalisé plusieurs créations, a offert plusieurs formations et conférences au Québec et à l’extérieur du pays. Elle a été récipiendaire de plusieurs bourses du Conseil des arts des lettres du Québec et du Conseil des Arts du Canada. Son parcours professionnel de plus de vingt-cinq ans est très singulier et son travail artistique lui a valu des reconnaissances au Québec et à l’étranger.

http://www.petiteslanternes.org

La compagnie Jolie Môme

naît en 1983 d'un comédien du Théâtre de l'Epée de bois, Michel Roger.

Ses axes de travail sont multiples, et sont à l'image de ce que la troupe privilégie dans le théâtre et le spectacle : la troupe, le refus des concessions, le plaisir du public. Ces spectacles connaissent un succès grandissant grâce à la proximité entretenue avec un public toujours plus nombreux et enthousiaste mais aussi grâce à la solidité d'une équipe qui construit son parcours de manière autonome. Attachée à la beauté et à la force des mots, Jolie Môme s’attache à faire un théâtre populaire, c'est à dire un théâtre festif où l'on se retrouve entre amis, entre camarades et où règne une atmosphère d'insolence et de rébellion. Cette atmosphère fraternelle participe à faire de son théâtre un acte politique.
Parallèlement à son travail artistique la compagnie est présente à chaque fois que faire se peut au côté des sans-papiers, sans-travail, sans-logement, précaires et salariés en lutte.

http://www.cie-joliemome.org

Les ateliers du Manifeste 2006

du 30 juin au 10 juillet 2006

ATELIER 1

Que vienne le temps des cerises, bordel!

Atelier dirigé par Jean Maurice Boudeulle et Brigitte Mounier

« De génération en génération le mal s’agrandit. Le constat de cette croissance dont on nous gave les oreilles et seulement les oreilles, s’impose : Que vienne le temps de la décroissance.
L’accumulation des richesses de quelques uns dévore la qualité de vie possible de tous les autres. Comment renoncer à une société fondée sur la quantité, la compétition ? Comment vivre autrement ? Où sont nos utopies ?
Ces questions seront l’ossature de notre rêve théâtral.
A partir de textes d’écritures différentes : témoignages *, pièces d’auteurs , contributions d’économistes *, nous construirons une forme théâtrale qui permette à la fois l’expression de groupe : travail de chœur avec forte implication physique et vocale, et l’expression individuelle pour raconter l’intime, la fragilité de l’être dans la dimension planétaire

ATELIER 2

Qu’en dira-t-on?

Atelier dirigé par Angèle Seguin

« Depuis quelques années, l’ensemble des grandes villes du monde, mais aussi les villes de taille moyenne, sont confrontées à un nombre grandissant de personnes extrêmement démunies, sans domicile stable. Ces personnes, souvent aux prises avec des problèmes de santé mentale, d’alcoolisme, de toxicomanie, de judiciarisation, de violence, de suicide, etc., se retrouvent dans toutes les catégories d’âge et touchent toutes les cultures. La crise du lien social inscrite au cœur de nos sociétés est présente partout.
L’atelier partira d’extraits de la pièce d’Angèle Séguin Les Lanternes oubliées ou allégorie d’une planète en quête de lumière pour réfléchir et échanger, ensemble et en création sur le sujet. Puis, des extraits de l’œuvre seront lus. Qu’en dira-t-on? Avec l’aide de l’équipe du Théâtre des petites lanternes, les participants devront proposer et créer une nouvelle version des extraits entendus et choisis. Afin, d’y arriver une démarche engageante et très singulière s’impose. À la fin du laboratoire, l’équipe du théâtre des petites lanternes et les stagiaires présenteront leurs extraits au public, sous la forme originale de ‘versions croisées’.

ATELIER 3

Songe d’une lutte d'été

Atelier dirigé par la Compagnie Jolie Môme

«Quel sera l'état de nos révoltes en juillet 2006 ?
Comment se manifesteront-elles sur les lieux de travail, dans la rue, dans les spectacles ?
Et que ferons nous de ces révoltes, nous qui ne nous connaissons pas encore ?
Nous tenterons de les rassembler, de les transposer, de les
musicaliser, de les chanter, de les jouer... »

ATELIER du MATIN

(commun aux 3 groupes)
Conduit par Nadège de Kersabiec, chef de chœur

Travail musical de découverte du répertoire contemporain.
Conduit par Nadège de Kersabiec, chef de chœur, cet atelier propose un travail vocal  hors normes : paysages sonores, jeux de voix à travers des oeuvres vocales contemporaines de Ligeti, Cage, Schönberg, Aperghis.
Cet atelier ne nécessite pas forcément de connaissance musicale, au départ. A l’arrivée ce ne sera plus le cas.

Le Rassemblement

 

Les 7. 8 et 9 juillet 2006

VENDREDI 7 JUILLET

Que vienne le temps des cerises, bordel !

18h Que vienne le temps des cerises bordel !
Atelier dirigé par Brigitte Mounier et Jean-Maurice Boudeulle
Comment renoncer a une société fondée sur la quantité, la compétition? Comment vivre autrement ? Où sont nos utopies ? Ces questions seront l’ossature de notre rêve théâtral.

18h45 Un développement sans croissance?
Rencontre-débat avec Serge Latouche, Professeur émérite d’économie de l’Université de Paris Sud et Nicolas Postel, Maître de conférence en science économique à Lille.

20h Repas Moules Frites et clafoutis.

21h30 Europeana, une brève histoire du XXème
mis en scène par Dominique Sarrazin. Texte de P.Ourednik, traduction française d’I.Canavaggio.

 

 

«Ah ! Le 20ème… (siècle)! Celui-là, on l’a senti passer. Ourednik (Patrik) en dresse, haut l’humour, un bordélique inventaire. Comment a-t'on pu entasser tout ça dans un si petit siècle ? Un petit livre (rouge… sic !) en forme de râpe à Histoire(s).
On s’est régalé ! On partage ? »

« Qu’est – ce que la réalité historique ? La vérité littéraire ? La vérité de la mémoire ? Ce livre ne nous fournit aucune réponse, ou pire, il nous en fournit nonchalamment, une telle quantité - on croirait assister à une dernière démarque de la solderie du vingtième siècle – que cela revient au même. Cependant, il nous livre peut – être une piste, avec le thème du Bug du Millénium : si les ordinateurs avaient identifié de façon erronée l’année s’annonçant, pendant la nuit du 31 décembre 1999, cela aurait été « comme si le vingtième siècle et l’attentat sur l’héritier du trône d’Autriche n’avait jamais eu lieu. »

La compagnie Théâtre de la découverte

La compagnie Théâtre de la découverte, née en 1981 (succédant à l’Association pour le Théâtre, née en 1978), est installée dans les murs de La Verrière, au 28, rue Alphonse Mercier à Lille, depuis le 21 janvier 1992, on s’en souvient précisément !
Dirigée par Dominique Sarrazin (auteur, acteur, metteur en scène), la compagnie crée dans son lieu, un répertoire qui lui est propre, axé sur l’humour, l’imaginaire et la recherche d’une écriture contemporaine.
L’équipe (petite, mais soudée !) est composée de 7 personnes (comédiens, relation publique, scénographe – constructeur, régisseur, et chargée de l’entretien du lieu) et de trois collaborations « intermittentes » (relation presse, production et relation publique). Depuis sa création, la compagnie s’attache à faire travailler pour ses créations, le plus grand nombre possible de techniciens et de comédiens.
La Verrière est un lieu intermédiaire au cœur de Lille qui accueille des compagnies de la Région, mais aussi d’autres régions ! afin de leur permettre de créer ou de reprendre leur spectacle devant un public de plus en plus large et fidèle. Nous tentons d’assembler un public de « partisans » du théâtre (A.Vitez) au moyen de rencontres, échanges, visites, et de la formation.

 

SAMEDI 8 JUILLET

Qu’en dira-t-on?

18h Qu’en dira-t-on ?
Atelier dirigé par Angèle Séguin
Avec l’aide de l’équipe du Théâtre des petites lanternes, les participants devront proposer et créer une nouvelle version d’extraits choisis des «Lanternes oubliées ou Allégorie d’une planète en quête de lumière» à travers une démarche engageante et très singulière. À la fin du laboratoire, des extraits seront présentés au public, sous la forme originale de ‘versions croisées’.

18h45 Le bonheur est possible. Rencontre-débat.
(invité surprise).

20h Repas Cantine Québécoise.

21h30 Les lanternes oubliées ou Allégorie d’une planète en quête de lumière
écrit et mis en scène par Angèle Séguin

 

 

Cette pièce de théâtre propose une vision globale de l’exclusion et de l’errance humaine à travers les yeux des plus pauvres. Quatorze personnages de la rue, jeunes et plus âgés, d’Amérique du Nord et du Sud, prennent la parole et entrecroisent leurs histoires. C’est un hymne à la vie qui émerge malgré la souffrance et un rendez-vous avec la lumière qui habite tout être humain.

Le Théâtre des petites lanternes

Le Théâtre des petites lanternes est un théâtre professionnel de création, engagé dans sa communauté. Né du désir de rapprocher le théâtre et la collectivité, il lie la création artistique aux enjeux qui traversent la société. Bien que situé en Estrie, il rayonne sur le territoire du Québec et de l’Amérique francophone. Il s’adresse au grand public (adultes et adolescents) et rejoint des publics divers selon les sujets abordés. Le théâtre peut être plus qu’un fait artistique : il peut être aussi rassembleur, médiateur, catalyseur, transformateur, développeur lorsqu’il se fait avec et dans les milieux. Le Théâtre des petites lanternes veut rapprocher le théâtre et la communauté et créer un tissage entre les humains, entre les réseaux, entre les cultures… .
il allie recherche artistique et intervention sociale;
il aborde des thématiques liées à des préoccupations sociales, humanistes et spirituelles;
il associe les milieux à l’ensemble de la démarche artistique et favorise l’interaction entre eux;
il intégre la réalité pluraliste de notre société;
il éduque la population par le biais du théâtre.
Cette présence dans la communauté donne lieu à des projets novateurs et assure au Théâtre des petites lanternes un impact plus fort. Préoccupé par des thématiques humaines, sociales et spirituelles, le Théâtre des petites lanternes réalise ses propres créations et les diffuse largement par une approche originale de réseautage et d’animation des milieux urbains et ruraux qu'il visite. Il met également ses compétences au service des milieux. Il crée diverses interventions théâtrales sur mesure pour répondre à des besoins de formation, de sensibilisation, de célébration; certaines d'entre elles peuvent être réutilisées dans d’autres contextes. Parallèlement, il donne des formations au théâtre d’intervention (écriture, théâtre-forum, meneur de jeu…) et crée des outils d’animation reliés au théâtre.

 

dimanche 9 juillet

Songe d’une lutte d’été

12h30 Apéritif-concert
Dégustation de la « Sirène rouge » et des pièces musicales contemporaines travaillées au cours des ateliers sous la direction de Nadège de Kersabiek.

13H30 Cantine des Mers du Nord

15H Café, douceur et rencontre-débat
avec un responsable du SYNAVI (Syndicat National des Arts Vivants). Qu’est ce qu’un intermittent du spectacle ? Quel est le rôle de l’artiste dans la société ? Quels financements pour quelle Culture ?

18h Songe d’une lutte d’été
Atelier dirigé par la compagnie Jolie Môme
«Quel sera l'état de nos révoltes en juillet 2006? Comment se manifesteront-elles sur les lieux de travail, dans la rue, dans les spectacles?
Et que ferons nous de ces révoltes, nous qui ne nous connaissons pas encore?
Nous tenterons de les rassembler, de les transposer, de les musicaliser, de les chanter, de les jouer...»


18h45 Qu’en est-il de l’indépendance journalistique?
Rencontre-débat avec Pierre Rimbert, sociologue, analyste des médias qui mentent et Directeur de la publication du journal PLPL (Pour Lire Pas Lu) et de Plan B.

20h Repas rouge

21h30 Légitime colère
Spectacle-cabaret par la compagnie Jolie môme

 

photographie de Sébastien Godefroy

 

« Maman née en 1916, mère de tous les autres personnages, a perdu son père en 17, à la Grande Guerre : ‘il croyait mourir pour la patrie, il est mort pour les industriels’ (Anatole France)
Forte de cet enseignement là, elle traverse la guerre d’Espagne, 1936 et le Front populaire, la drôle de guerre, Mai 68 convaincue que les choses ne restent pas ce qu’elles sont et que, comme le clamait Louise Michel ‘ce que le peuple obtient il le prend’.
Les grandes luttes du mouvement ouvrier sont son dada.
Au fil du spectacle ses propos sont émaillés de chansons, de textes interprétés par les autres personnages, ses enfants
Au gré de souvenirs de luttes, d’amours, d’aventures, des parallèles sont établis avec l’actualité ; les sans-papiers, les sans-emploi, la mondialisation, le libéralisme. Souvenirs de luttes, de progrès, de victoires, de fraternité, de solidarité, mais aussi souvenirs d’amour et surtout rêves d’espoir.

La compagnie Jolie Môme

La compagnie Jolie Môme naît en 1983 d'un comédien du Théâtre de l'Epée de bois. Ses axes de travail sont multiples, et sont à l'image de ce que la troupe privilégie dans le théâtre et le spectacle : la troupe, le refus des concessions, le plaisir du public.
Dés 1989 elle remporte le premier prix des "rencontres de la Jeune Création de Gennevilliers" avec La Mère de Brecht. Depuis lors, se sont succédés adaptations de pièces de théâtre et spectacles de chansons; ceux-ci donneront quatre CD, dont le dernier est enregistré en 2003.
La compagnie Jolie Môme crée en 99 Barricade une pièce sur la Commune de Paris (40 représentations dont trente au théâtre de l'Epée de bois à la Cartoucherie) et a mis en scène à la fin de l'année 2000  La crosse en l'air, poème de Jacques Prévert (donné à 70 reprises dont 50 au théâtre de l'Epée de Bois). Ces spectacles connaissent un succès grandissant grâce à la proximité entretenue avec un public toujours plus nombreux et enthousiaste mais aussi grâce à la solidité d'une équipe qui construit son parcours de manière autonome depuis dix neuf ans. Nous avons aussi le plaisir de constater que de plus en plus de médias saluent la qualité de notre travail.
Attachés à la beauté et à la force des mots, nous espérons faire un théâtre populaire. C'est à dire un théâtre festif où l'on se retrouve entre amis, entre camarades et où règne une atmosphère d'insolence et de rébellion. Cette atmosphère fraternelle participe à faire de notre théâtre un acte politique. Si nous chantons sur scène, vous nous verrez aussi au détour d'une rue ou d'une manif pour soutenir des travailleurs en lutte, arborant fièrement un grand et beau drapeau rouge.

 

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